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Le coronavirus séduit une nouvelle génération de collectionneurs d’art en ligne

Six collectionneurs sur dix dépensent en moyenne plus de 8 500 € pour l’achat d’une toile en ligne

Bruxelles - Contre toute attente, la pandémie a eu des répercussions positives sur le marché de l’art en ligne : elle est parvenue à charmer une toute nouvelle génération d’acheteurs d’art. Ainsi, le groupe de collectionneurs d’art actifs depuis moins de trois ans a réalisé, de mars à septembre, 46 % d’achats en ligne en plus qu’au cours de la même période l’année précédente. Parmi les millennials (les moins de 35 ans), 29 % ont acheté davantage en ligne qu’en 2019. Ce sont principalement des toiles qui sont vendues sur le web, celles-ci prenant davantage de valeur. C’est ce qu’il ressort du rapport annuel Online Art Trade Report de Hiscox qui a interrogé 552 acheteurs d’art internationaux sur leurs achats pendant la crise du coronavirus.

La recherche et l’achat d’œuvres artistiques en ligne semblent de plus en plus ancrés dans nos habitudes : 39 % des amateurs d’art ont déclaré qu’ils achèteraient plus souvent des objets d’art en ligne au cours des 12 prochains mois que l’année dernière, contre seulement 13 % qui affirment le contraire. Une majorité d’entre eux (56 %) estime même que ce basculement vers la vente d’art en ligne sera permanent.

Le rapport révèle néanmoins aussi des signes de fléchissement de cet engouement. En 2019, seuls 36 % des collectionneurs disaient préférer les galeries et les maisons de ventes aux enchères contre près de la moitié (48 %) actuellement. Le glas des ventes d’objets d’art en chair et en os n’a donc pas encore sonné.  

Davantage de valeur

Pendant la crise du coronavirus, ce sont les peintures qui ont remporté le plus de succès. Quelque 74 % des amateurs d’art ont axé leurs recherches sur elles, ensuite sur les estampes (66 %), les photographies (44 %), les dessins (41 %), les sculptures (27 %) et les nouveaux médias, comme l’art vidéo ou numérique (21 %). 

La valeur des objets vendus a connu une grande augmentation, puisque près de 59 % des collectionneurs d’art qui ont acheté une toile en ligne ont dépensé plus de 8 500 € par peinture, contre seulement 35 % l’année précédente. Un acheteur sur dix (11 %) a même dépensé plus de 42 000 € en moyenne pour une toile, soit deux fois plus que l’année précédente (4 %). Les grandes maisons de ventes aux enchères ont également confirmé cette tendance. Lors d’enchères chez Sotheby’s, Christie’s et Phillips, le prix moyen d’une œuvre d’art avoisinait les 6 700 € en 2019 contre 20 000 € au cours des huit premiers mois de cette année. 

Notons toutefois qu’il existe différentes catégories de prix selon la plateforme de vente en ligne utilisée. Les achats réalisés via les réseaux sociaux sont en moyenne plus accessibles que ceux réalisés sur d’autres plateformes de vente d’art en ligne. La moitié des peintures vendues sur les réseaux sociaux sont négociées autour des 850 €, voire moins, tandis que sur les plateformes commerciales en ligne uniquement un tiers des œuvres sont vendues à ce prix.

« Les galeries et maisons de ventes aux enchères belges surfent également sur cette vague numérique. Les plateformes digitales nous permettent de maintenir nos contacts à l’échelle mondiale et de continuer à proposer nos services et nos œuvres d’art aux quatre coins du monde »,

« Notre présence sur le net nous permet de nouer davantage de contacts avec des clients plus jeunes, qui, soulignons-le, viennent de plus en plus souvent d’Asie. Ils parviennent de mieux en mieux à contourner les obstacles linguistiques et sont au courant de toutes les tendances, y compris celles dans notre pays. Ils ne se soucient guère de ne pas avoir vu réellement l’œuvre d’art qu’ils achètent ; ils nous font confiance, notamment parce que nous sommes actifs depuis plus de 30 ans dans le secteur de l’art moderne. »

- Xavier Hufkens de Galery Hufkens à Bruxelles.

Élan de soutien

Soutenir les artistes en période de crise a été l’une des motivations principales de ces achats d’œuvre l’art en ligne au cours de ces huit derniers mois. Quelque 68 % des acheteurs, dont 76 % de la jeune génération d’acheteurs, l’ont indiqué comme raison principale. D’autres motifs avancés, selon le rapport, sont le rendement estimé (58 %) et l’aspect social (31 %). 

Les chiffres de vente traduisent également cette volonté de soutenir les artistes. Plus de la moitié (55 %) des collectionneurs d’art ont indiqué qu’ils avaient acheté une œuvre en ligne pour soutenir un artiste ou une organisation artistique. Un quart des personnes interrogées ont réalisé leur achat par le biais d’actions lancées sur Instagram comme ‘The Artist Support Pledge’.

Plus de la moitié des amateurs d’art (68 %) disent privilégier Instagram. Ils y recherchent des artistes ou y négocient des œuvres. Ce sont principalement les millennials et les « nouveaux acheteurs » qui utilisent activement ce réseau social.

Plus sélectifs que jamais

Nous assistons non seulement à une tendance privilégiant Instagram, mais nous constatons également que les acheteurs sont plus sélectifs quant aux plateformes en ligne consultées. Alors que l’année dernière 28 % des acheteurs d’œuvres d’art achetaient sur plus de trois plateformes, ce pourcentage est maintenant redescendu à 14. Les acheteurs consultent dorénavant plus souvent une (24 %) voire deux à trois plateformes (62 %). Ce sont surtout les plateformes de ventes aux enchères qui remportent actuellement un vif succès. Plus de la moitié des marchands d’art en ligne s’y rendent pour négocier des œuvres artistiques. 

Garder une longueur d’avance sur la concurrence dans le domaine du marché d’art en ligne
La concurrence sur le marché d’œuvres d’art en ligne est énorme. Les plateformes et les artistes ont tout intérêt à se pencher sur les meilleures pratiques du commerce en ligne et à les maîtriser. Les nouveaux et les jeunes acheteurs sont attirés par « l’innovation » ainsi que par « le ressenti et le vécu ». Une exposition statique dans une galerie les séduit moins. Par ailleurs, le rapport Online Art Trade Report de Hiscox met en évidence les points suivants :

1. Il faut soigner « le ressenti et le vécu » mobile

Les nouveaux et les jeunes acheteurs recherchent des œuvres artistiques avec leur smartphone (35 %). Les vendeurs doivent par conséquent miser sur un site convivial pour les smartphones tout en veillant éventuellement à prévoir un lien vers leurs réseaux sociaux ou plateformes de vente d’œuvres d’art. 

2. Il faut miser sur une relation personnalisée avec les acheteurs

Plus de deux tiers des acheteurs d’œuvres d’art (67 %) estiment qu’il est important de pouvoir demander conseil à un expert avant d’acheter une œuvre d’art. Cela leur permet d’acheter plus sereinement, sans angoisser, et d’écarter tout doute et incertitude.

3.Il faut prévoir les modalités de paiement

Les acheteurs d’œuvres d’art ressentent une certaine incertitude financière lorsqu’ils achètent une œuvre d’art. Quelque 41 % d’entre eux voudraient par exemple que soient précisées les modalités de paiement.

« Les galeries et maisons de ventes aux enchères ne sont pas les seules à devoir s’adapter à ces nouvelles tendances virtuelles. Les transporteurs, les installateurs, mais également nous en tant qu’assureurs, nous comprenons l’intérêt d’une offre en ligne simplifiée, qui peut être couplée à l’achat en ligne d’une œuvre d’art. Toutefois, la réputation, le service et l’expertise sont des aspects qui doivent rester déterminants. »

- Timothy Broos, Country Manager, Hiscox Belgium.

À propos du rapport Online Art Trade Report 2020 de Hiscox

L’étude a été menée, à la demande de l’assureur Hiscox, par l’agence ArtTactic, spécialisée dans l’analyse du marché de l’art. Ils ont interrogé 552 acheteurs d’art internationaux en septembre 2020. Cette étude avait pour objectif d’évaluer les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur le développement du marché de l’art en ligne. Les données portent sur la période allant de mars à septembre 2020. 

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Tobias Van Assche Senior Consultant, Befirm
Tobias Van Assche Senior Consultant, Befirm
A propos de Hiscox

Hiscox est un assureur de niche d’envergure internationale, coté à la bourse de Londres (London Stock Exchange). Hiscox est représenté notamment en Belgique, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pour davantage d’informations : www.hiscox.be

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